Le jour où j’ai décidé de ne plus manger de viandes

 

Il y a des décisions qui sont comme des évidences et celle-ci en faisait partie. Cet été avait été une transition sans viandes et je dois dire que cela avait été très révélateur pour moi. Je pouvais donc m’en passer et voire même apprécier ce que je mangeais et cuisinais.

Le retour , plein de bonnes résolutions ne se passa pas tout à fait comme prévu…  Il restait de la viande au congélateur et la tentation a été plus forte que tout! A savoir cependant que nous n’avons jamais été des gros mangeurs de viandes ( 1 à 2 fois par semaine pas plus) et comme je ne voulais pas gaspiller, je me suis remise dans un rythme carnivore.

Mais le parcours cérébral avait été déclenché et rapidement je fis part à mes amours de mon désir de ne plus vouloir manger de viandes… Doudou suit mais se laisse parfois avoir par la tentation! Quant à Paupiette la réponse de départ fut NON…

 

 

Comment en suis-je arrivée là?

Au plus loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais été une carnivore; je mâchouillais ma viande pendant des heures car je trouvais ça « sans goût ».

Les années ont passées et je crois que les seules fois où je mangeais de la viande étaient lors des réunions familiales. En effet, lorsque vous prenez votre indépendance seule, à moins de gagner un salaire de ministre et lorsque toutes les factures sont payées, je n’avais pas estimé que mes besoins étaient d’acheter de la viande.

La chose incroyable fut lorsque je suis tombée enceinte et des fameuses fringales que cela provoque! Et bien chez moi ce fut des envies de …. viandes et je peux vous dire que c’était ardent!!

Et les années passant, je me suis aperçue que je mangeais de la viande pour m’intégrer aux gens qui m’entouraient parce que j’avais envie de leur faire plaisir et peut être aussi de comprendre leur intérêt pour la chair: les repas festifs de l’été sont les barbecues et on trouve peu de légumes…

Et il faut être honnête, les boustifailles entre potes sont conviviales donc je ne me posais pas trop de questions!

La condition des animaux me préoccupait mais sans doute pas au point de m’informer à leurs sujets.

Mais je suis une amoureuse de la nature et notre nouveau mode de vie, permaculture- zéro déchet- minimalisme m’a forcément mené vers le monde animal. Vous ne pouvez pas faire attention de ne pas écraser un lapin ou un renard et vous retrouver avec une terrine dans votre assiette!!

Des milliards d’animaux sont tués dans des conditions abominables chaque année, la planète se meurt avec la 6ème extinction de masse des espèces, l’élevage intensif est responsable de 80% de la déforestation en Amazonie.

C’est un fait indiscutable aujourd’hui : les animaux ne sont pas des machines. Ce sont des êtres sensibles à la douleur et au plaisir. Ils ressentent des émotions, ont des désirs et leur vie compte pour eux.

Pourtant dans notre société, la plupart des animaux sont considérés comme des marchandises qu’on peut entasser dans des élevages et tuer à la chaine, et jamais la condition animale n’a été aussi déplorable…

Un article à lire: https://www.viande.info/elevage-viande-animaux

Ce qui me pose un cas de conscience est de manger de la viande dont la traçabilité n’est pas garantie et puis j’en suis arrivée à visualiser l’animal dans mon assiette: et là, ce fut le drame.

J’entends les contre- arguments qui me disent: « Mais tu compenses avec quoi? » « Tu vas avoir des carences ».

 

Oui je sais qu’il existe de bons éleveurs et je tiens à leur rendre hommage sincèrement car de ce fait, vous pouvez:

  • Consommer des viandes labellisées pour leur qualité et leurs conditions de vie améliorées
  • Vous approvisionner chez un boucher qui ne vend que des produits locaux, élevés dans de bonnes conditions, nourris à l’herbe
  • Composer ses assiettes avec 80% de légumes et féculents, et 20% de viande qu’on limitera à quelques fois par semaine.

Mais je n’en suis même plus là. La simple idée de manger de la viande me dégoûte, mon corps fait littéralement un rejet.

Je veux être consciente de ce que je mange. Nous connaissons aussi les bienfaits des végétaux sur notre santé. La viande d’aujourd’hui est trop fréquemment transformée (charcuterie, plats cuisinés) et contient trop de sel ou d’additifs.

Le bovin doit brouter de l’herbe , la poule picorer des vers de terre et non ingurgiter des aliments bourrés d’antibiotiques…

 

 

 

Lorsque nous avons commencé la permaculture et le zéro déchet, cuisiner s’est fait naturellement et est devenu un véritable plaisir ,une passion qui grandit de jours en jours. Elaborer, concevoir des nouvelles recettes avec des aliments qui m’étaient quasi inconnus est un pur moment de bonheur, d’autant plus qu’en vous les partager!

Je pâtisse aussi beaucoup. Je vais chercher les oeufs chez une productrice formidable avec des poules élevées en plein air, et nous avons aussi près de nous, un producteur de lait qui n’a pas une exploitation intensive.

Je suis obligée de le reconnaître que le sujet du végétarisme est tellement sensible que je préfère ne jamais aborder la question.

Dès qu’un omnivore explique à un végétarien qu’il veut manger de la viande, l’autre suggère qu’il n’est qu’un être malintentionné envers les animaux. À l’inverse, lorsqu’un végétarien détaille son alimentation, l’omnivore s’empresse de lui répondre de façon tragique que les carences qu’il génère le tueront à moyen terme…

 

« Je ne dis pas toujours au gens que je suis vegan, car à chaque fois que le fais, ils deviennent tous des experts en protéines. »

 

Certains me diront que je suis hypocrite parce que je mange des oeufs et bois du lait mais peu m’importe car je vais au bout de mes convictions et que de toute façon, il y aura toujours une personne « bienveillante « pour vous chuchoter que vos démarches ne sont pas les bonnes…!

Une note optimiste pour terminer car Paupiette a également pris la décision de ne plus manger de viande; incroyable de voir Karadoc se transformer en végétarien!

 

A bientôt!

Laisser un commentaire