Retour aux sources de la beauté: la grâce féminine

 

« La grâce plus belle que la beauté » Jean de la Fontaine,Adonis

Nous allons clore les secrets d’antan de Françoise Réveillet par ce dernier chapitre sur la beauté.

Nos aïeules ne quittaient pas leur demeure sans revêtir chapeaux et gants qu’elles aimaient assortir à leur toilette et à la saison. Cependant, leur raffinement ne se limitait pas à leurs toilettes et s’étendait à bien d’autres domaines…

 

Au sujet des femmes, on parlait autrefois de la grâce, plus belle que la beauté. Grâce des mouvements s’exprimant dans une belle démarche. Les épaules relevées en arrière, le menton dégagé, la poitrine en avant, elles marchaient en touchant le sol par la paume des pieds, non des talons.

Même si les traits n’étaient pas parfaits, la femme gracieuse savant captiver et émouvoir ceux qui la regardaient… Depuis plus de 50 ans, la cote de la grâce semble avoir baissé et s’être effacée devant la toute-puissance de la personnalité.

 

Une démarche de nymphe 

Pour conserver la beauté de leurs formes et rester sveltes, vos aïeules s’efforçaient de se tenir droites; elles compensaient cette allure un peu hautaine par des yeux doux et un sourire aimable. Il ne s’agissait pas d’être raide ni même de marcher d’une façon mécanique mais de garder au corps une structure correcte.

 

La façon de s’asseoir 

Elles devaient prendre soin de s’asseoir franchement, en souplesse, bien calées dans le dossier sans être affalées. Il ne fallait pas croiser les jambes mais incliner légèrement les deux mollets en les joignant du même côté.

 

Changement radical dans les années 1920

Les femmes se coupent les cheveux, portent un chapeau cloche, un tailleur Coco Chanel, imposent le jupe culotte ou le pantalon. Une silhouette plus androgyne se dessine dans la rue et dans les magazines de l’époque. Elles adoptent des attitudes nouvelles, elles fument avec de longs fume-cigarettes et conduisent une voiture. Leur sexualité évolue, c’est la période d’affirmation homosexuelle dans les grandes capitales. Elles exercent aussi des métiers différents.

 

Le femme idéale vue par 6 grands couturiers en 1940

  • Lucien Lelong: Elle est féminine, étroite, alanguie, langoureuse, onduleuse…
  • Jacques Fath: C’est une sirène aux jambes escamotées par des fourreaux étroits. Elles est brillante et longue.
  • Cristobal Balenciaga: Il la voit comme une impératrice, jeune et digne, mince et somptueuse.
  • Elsa Schiaparelli: Elle pense à une femme fantaisiste à rotondité inattendue.
  • Madame Grès: Elle devient la chauve souris du Panthéon, drapée, ailée, fragile, ronde et éternelle.
  • Mad Carpentier: Elle est imposante et sculpturale, épaules rondes et généreuses.

 

Du corset au soutien gorge

Grecques et Romaines enserraient leur taille d’une ceinture. Au moyen-âge, les femmes portaient le bandeau. A la Renaissance, le corset baleiné fit son apparition à Venise puis fut introduit en France.

Lorsque Ambroise Paré a constaté les ravages causés par le corset, il en dénonça le port. Il découvrit en effet des cages thoraciques déformées avec des côtes se chevauchant et des poumons atrophiés, sans compter les autres méfaits: compression des organes, gêne de la respiration, rétrécissement des hanches…

A partir de la révolution, les femmes soutiennent leur sein par un fichu noué en dessous de la poitrine. Puis sous l’Empire, elles portent le corset qui se transforme suivant les modes du moment. Le corsetier Leroy crée le premier corset à baleines, la mode étant alors aux seins écartés.

A la fin de la Première guerre mondiale, les moeurs se libèrent et les femmes souhaitent être « à l’aise »et pour cela le corset s’est assoupli. En 1912, le premier soutien gorge fait son apparition mais connait peu de succès car sa conception est lourde. En 1932, on modifie sa forme et c’est Paul Poiret qui jouera un rôle important car il l’imposera à ses clientes, leur recommandant de le porter à même la peau!

Dans les années 90, la grande innovation demeure le « push up », qui comprimera les seins vers l’intérieur et les remontera en avant.

 

 

Un parfum unique

Au XIXe siècle, une femme raffinée avait coutume d’imprégner tous ses vêtements d’un parfum léger et délicat, depuis la pointe des bottines jusqu’à la racines des cheveux. On raconte que le musc prédisposait à la sensibilité, le géranium à la tendresse, le bejoin à la rêverie, la violette à la piété, la blanche à une meilleure digestion…

Au XXe siècle, nos grands-mères se sont tournées vers les mélanges des grands parfumeurs. Elles affectionnaient les beaux flacons et les vaporisateurs. Elles ne s’inondaient pas de parfum, mettant deux gouttes à la nuque, deux à la tempe, deux dans les cheveux, deux sur les épaules et deux dans l’ourlet de la robe!

 

 

Nos grands-mères recommandaient de ne pas ranger immédiatement les vêtements portés dans la journée afin qu’ils se débarrassent des odeurs désagréables. De les laisser reposer au moins une heure, de les secouer ensuite et de les ranger délicatement. Tout comme l’eau, la chaleur ou le feu, l’air a des propriétés désinfectantes. Elles prenaient soin de parfumer leurs armoires à linge avec des bouquets séchés de mélisse, d’iris ou de lavande. Ces précautions à la fois hygiéniques et raffinées ressemblent fort à cet art ancestral du fend chui dont on parle tant aujourd’hui et qui permet à l’homme de vivre en harmonie avec son environnement.

Parfumer la maison

Pendant l’hiver, qui est généralement la période des rhumes, Andrée Frémicourt recommandait de mettre dans un vase résistant une cuillère à soupe d’essence térébenthine sur laquelle on jetait de l’eau bouillante. Cet excellent procédé permettait de diffuser une bonne odeur de sapin dans la maison.

NB: l’essence de térébenthine est obtenue par distillation des térébenthines que l’on trouve dans la plupart des conifères.

 

Plaire à son mari

Séduire son mari et être pleinement disponible pour l’accueillir le soir à la maison sont des conseils que l’on retrouve dans de nombreux livres et magazines du dernier siècle jusque des les années 1960.

 » Il ne suffit pas d’être une bonne femme et une bonne mère, il faut être une jolie femme pour son mari » 1890.

En 1960, on peut lire dans un manuel d’économie domestique pour les femmes les recommandations suivantes:

 » Soyez prête. Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d’être détendue lorsque votre mari rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraiche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu plus intéressante que ces derniers… »

Un tel article dans la presse d’aujourd’hui aurait de quoi faire bondir et choquer plus d’unes!

 

L’harmonie et le partage avec les autres étaient l’élixir du bonheur. Sortir tous les jours pour faire ses courses de proximité, faire son ménage chaque matin, cuisiner; avoir de l’entrain et une activité journalière étaient primordiale pour nos aïeules. Leurs secrets de beauté sont ailleurs et se cachent dans cette force dont elles usent et abusent pour vivre chaque journée…

 

A bientôt!

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